Le rose, pour les filles

Le rose, pour les filles

C’est la rentrée

Et je ne sais pas si c’est parce que je me suis particulièrement intéressée au sujet, mais il me semble que les articles sur les stéréotypes de genre ont poussé un peu partout ces derniers jours. De quoi se faire une idée du sujet.

Tout d’abord quelques chiffres qui mis les uns à la suite des autres m’ont fait un drôle d’effet (ceux que j’ai trouvé datent entre 2012 et 2015).

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Ces chiffres concernent la France, mais il semble qu’ils soient similaires à ceux des pays de l’OCDE, à quelques nuances près.

En une phrase : les garçons sont donc moins bons élèves mais réussissent mieux par la suite à atteindre des postes à responsabilité, et valorisés. Et inversement pour les filles.

Filles et garçons, ils sont cernés

Comme facteurs essentiels des inégalités à l’école, puis en milieu professionnel, l’OCDE pointe du doigt les stéréotypes de genre :

Pour de nombreux garçons, il n’est pas socialement acceptable de montrer leur intérêt pour le travail scolaire. Ils s’approprient un modèle masculin véhiculant le non-respect de l’autorité, du travail scolaire et de la réussite dans le cadre institutionnel. Pour ces garçons, il n’est tout simplement pas « cool  » de réussir à l’école. 

Parfois, il s’agit de convictions profondes : les garçons et les filles sont radicalement différents dès la naissance, par nature. Parfois au contraire, on se dit qu’on ne fait pas de différence dans l’éducation. Quelles que soient les convictions, et donc parfois malgré soi, ces stéréotypes sont relayés autant dans les institutions (familles, crèches, écoles…) que dans les représentations (livres, médias, jeux…). L’Observatoire de l’égalité femmes-hommes identifie 7 sources de stéréotypes :

Stéréotypes

Dès leur naissance nos enfants sont donc bien cernés.

Les études montrent que dans les années 80, puis surtout à partir des années 90, la séparation des produits ludiques et culturels en fonction des genres s’est accentuée : création des catégorie « garçon » et « filles » dans les catalogues, exclusivité du rose pour les filles, injonctions de type « toi aussi fait comme maman et prépare un bon diner »…

Ces produits (livres, jouets, etc.) et la communication faite à leur sujet opposent des caractéristiques pour les filles et les garçons, notamment : intérieur⇔extérieur, coopération⇔compétition, soin⇔combat, sécurité⇔danger, calme⇔agitation, verbal⇔physique, ordinaire⇔spectaculaire, sentiment⇔raisonnement, fragile⇔solide, présent⇔futur, observation⇔action, esthétisme⇔technique…

Je prends un livre de la bibliothèque de mes enfants… : « Super Lapin »

… C’est un garçon et il part combattre les méchants dehors, seul avec sa super-épée, son courage et son masque bleu vif.

Et alors ? Ces stéréotypes, devenus omniprésents, construisent une réalité figée dans laquelle l’enfant doit en priorité trouver sa place, choisir son camp. Or, si les genres sont naturels, il n’y a pas à choisir et l’enfant saura de soi, sans l’aide de la société, retrouver ce qui correspond.
Et s’ils sont culturels, autant avoir la liberté de choisir en nuance.
Or, les choix possibles pour les enfants sont dans les faits plus restreints et binaires qu’ils ne le sont en droit : leur liberté individuelle, leur champ des possibles et leur épanouissement sont donc entravés.

De plus, j’imagine que la segmentation filles/garçons sur des caractéristiques contraires (observation/action par exemple) doit créer une opposition de valeurs, de comportements standardisés ? Cela me semble rendre difficile par la suite la compréhension réciproque et la coopération inter-genres.

Or devant les enjeux auxquels notre société va devoir répondre, il me semble important de pouvoir puiser dans l’ensemble des talents en devenir de notre société. Pour cela il est nécessaire de favoriser la coopération dans la complémentarité et la reconnaissance réciproque.

Développer l’esprit critique

Face à ce filtre en deux couleurs, jouer la neutralité ne semble pas suffisant. Il est aussi recommandé d’en discuter et d’amener les enfants à se poser des questions et à développer leur sens critique sur les stéréotypes.

Vous trouverez ici quelques pistes utiles pour nuancer les couleurs autour de 7 axes :

  • l’observation : de nos pratiques, de nos collections de livres et de magazines, de jouets et jeux, de nos offres d’activités artistiques, culturelles, physiques et sportives
  • le développement de l’observation et de l’esprit critique
  • la stimulation de la découverte
  • l’élargissement des choix
  • l’évolution des représentation et des pratiques
  • le développement de nouveaux goûts
  • l’échange.

Sources – beaucoup de choses à lire sur ce sujet :

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